• News: Une page se tourne.

    Aujourd'hui est un jour spécial pour moi.

    Once upon a time...

    Dear diary: une page se tourne.

    A peine quelques années aux Etats Unis, que déjà, mon premier vide s'installe. Je m'aperçois que je me suis attachée à ce lopain de vie qui est le mien. Déjà des habitudes, déjà, des attaches, déjà des moments qui ne se répèteront plus...

    Depuis quelques mois déjà, voir quelques années, my old lady, s'ennuyait. Elle regardait de sa porte d'entrée le temps qui défilait. Elle adorait les beaux jours: le printemps, l'été, et un peu l'automne quand il ressemblait à la douce saison. Mais, sa  hantise, comme chaque année, c'est lorsque le vent souffle, et que le froid pénètre partout où chaleur il y a eu. Elle ne supportait plus l'hiver, parceque l'hiver sa porte est close, et de son confortable fauteuil, elle ne voyait plus rien, et qu'elle savait que lorsque la porte se fermait, le temps allait assassiner 6 mois de sa vie.

    Un jour de trop, un jour de fin d'hiver, un jour de déprime, un hiver trop long, trop rude, trop couteux moralement, my old Lady décida de ne plus revivre ces horribles moments de solitudes et d'ennuies une année de plus. Ne sachant plus quoi faire, ni que faire, elle décida de parler à sa fille ( Texas), à son fils ( Tennesse), à ses amies ( Wisonsin), à son docteur ( Ilinois), à son mari, à ses neveux ( USA), en bref à son networking, de sa vie déprimante, et son besoin vivace de vouloir continuer de vivre. Elle ne pouvait plus continuer comme ça,  son désarois l'étouffait. Elle voulait faire quelque chose de sa vie. Au dessus de ses  90 ans d'histoire, elle voulait tourner une page de sa vie, mais pas fermer le livre.

    Elle en a eu marre d'être confortablement installée, dans son fauteuil à lire ses romans à grosses lettres, deux livres par semaine. Elle en a eu marre d'habiter dans un appartement qui l'empêche de toucher la lumière du jour. Elle en a eu marre des gens de l'hiver qui s'enferment dans leur chaumière. Elle en a eu marre de ses 5 000 pièces de puzzles qui essayent de l'occuper. Elle en a eua marre de ne plus pouvoir faire comme avant, parceque le temps passe et emporte tout. Elle en a eu marre de cette frustration d'être vivante mais d'avoir l'impression de ne plus l'être.

    Elle adorait ses mercredis parce qu'elle retrouvait ses copines aux bingos, et parfois elle revenait avec une petite somme d'argent qu'elle était toute fière de mon montrer. Je lui avait promis d'aller avec elle un jour de printemps, ...

    Elle adorait les dimanches parce que les dimanches elle se mettait sur son trente et un pour aller à l'église, et parfois, une célébration et des friandises étaient du jour, son lien social fleurissé, mais au printemps seulement.

    Elle adorait crafter, tricoter, créer des bijoux, me racontait elle parfois. Très souvent pour se tenir compagnie mutuellement, je passais une petite heure chez elle, je m' installais sur un pouffe près d'elle, et elle m'ouvrait souvant le livre de son passé. Elle me racontait quelques pages de son histoire, mais ça lorsque la porte est ouverte seulement.

    Elle aimait les fudges et les cakes à la banane, qu'elle préparait par dizaine pour les jours de bingos ou les jours d'églises, et elle en gardait toujours un pour moi.

    Elle aimait mes brioches, mes madeleines, mes tartes, une amoureuse du sucré.

    Un jour, celui du début de l'histoire, elle ouvre sa porte et m'appèle avec excitation, se laissant à peine le temps de reprendre son souffle. Sur le porche de son appartement, elle me dit qu'elle y est enfin arrivée, qu'elle avait enfin pris la décision de prendre sa vie en main et de celle de son mari, qu'elle avait enfin à ne plus se soucier du froid de l'hiver du Midwest, qu'elle n'allait plus déprimer à cause de sa solitude ou de celle de son mari, qu'elle verrait autre chose que sa vieillesse, que ses rhumatismes, que leurs larmes seraient encore de joie. En quelques échanges de mots avec son entourage, en quelques décisions prises pour elle, en quelques arguments sincères pour son bien être, elle se retrouve emportée dans une nouvelle aventure. Prise en main par sa fille chérie et son docteur attentionné, soutenue par son mari et épaulée par son fils, elle ressent le froid de l'hiver s'envoller avec les feuilles d'automne.

    En à peine quelques semaines pour éviter toute panique, tout inconfort, toute frayeur, toute questions superflues qui risqueraient de tout ralentir, le planning est bouclé, elle n'a plus le temps de réfléchir, le "oui je le veux" c'est jusqu'à ce que la mort la sépare. Elle passera l'hiver dans son appartement avec jardin, près de sa fille, ses petits enfants et ses 5 petits petits enfants, au Texas, où l'hiver et plus chaud que l'été ( j'exagère, mais en tout cas pas comme celui du Wisconsin, c'est le pire des USA), à quelques heures de son fils et ses autres petits petits enfants. Sa fille a déjà tout prévu; jusqu'à la date du départ de sa mère, soit le départ du camion de location transportant le minimum, car même le nécessaire a été fait (rachat de lits, barbecue, frigo, gazinière) dans sa nouvelle demeure. Elle n'a plus qu'à déposer son courrier de résiliation du bail de son appartement actuel, et même cela, son médecin lui a écrit un courrier qui lui permet de casser le contrat plus tôt que prévu et sans charges.

    Le coeur serré, mais pleins de bonheurs, je la vois inquiète, un peu frileuse, à chaque jour qui passe et voyant sa dernière semaine s'approchée; elle a peur. Chaque jour de cette dernière semaine c'est un adieu, et elle réalise de plus en plus que c'est la fin d'un temps, qu'une nouvelle aventure commence pour elle; son mari, et sa famille. D'abord son lundi avec sa dernière visite avec son médecin, somme toute plutôt concluante. Son mardi un peu difficile, avec sa dernière visite chez sa meilleure amie. Son mercredi plutôt marrant avec sa dernière réunion avec ses women au bingo, qui l'a énormément flatté, car tout le monde pleuré me dit elle.Son jeudi moins amusant avec ses derniers RDV avec l'administration du Wisconsin. Son vendredi et samedi, elle finalise ses ventes, elle vend lits, fauteuils, voiture ( 1 suffit) empaquète tout le reste, donne se qu'elle peut, retrouve des trucs qu'elle pensait perdu, et jète d'autres trucs qu'elle ne supporte plus. Enfin son dimanche solennel avec sa dernière prière dans son église. Commence à parler de la longue route, de sa future vie, de sa famille, et se repose beaucoup car émotionnellement c'est très éprouvant. Son mardi, elle le passe chez elle, elle se repose fatiguée de semaine et de son trajet, le camion est là, quelques coups de mains pour vider la maison ou remplir le camion. Mercredi, 29 octobre 2014, le grand voyage de plus de 14 heures avec des arrêts; et un stop dans 07 h pour dormir à l'hôtel. J'ai vu son mari le jour même avant le départ, et sa nièce qui les accompagne jusqu'au Texas, pas d'adieu à Lois ce jour là. On a passé quelques temps ensemble samedi pour se dire aurevoir avant l'heure, elle me laisse ses coordonnées et me demande de lui écrire très souvent en lui faiant part des gossips du quartier. Dans deux jours, elle ne sera plus là.

    Le 29 Octobre 2014:

    Dear diary: une page se tourne.

     

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    Une place vide:

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 31 Octobre 2014 à 01:34
    Nathalie

    J'ai lu ton récit avec beaucoup d'intérêt. Tu le racontes avec beaucoup d'émotion. Parfois ça me faisait penser à la vie au Québec et ses longs mois d'hiver. Cela doit faire un vide en effet...

    2
    Dimanche 16 Novembre 2014 à 22:54
    Aie !!! Durde perdre qq de proche ... Tiens le coup !
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